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Pour les communes, le vent de la fiscalité n’en finit pas de tourner

S’il existe une raison pour laquelle les collectivités locales continuent à accueillir l’implantation de parcs éoliens sur leur territoire, c’est bien, au-delà de la méconnaissance des nuisances qu’ils occasionnent ou parfois de quelques principes idéologiques, au regard des revenus fiscaux qu’elles en attendent.

Moulin à vent et fiscalité

Dans ce domaine, beaucoup de communes ne tardent pourtant pas à déchanter. Celles faisant partie d’une intercommunalité ayant opté pour un régime de fiscalité additionnelle recevront, en effet, la plus grande partie des taxes auxquelles sont soumis les exploitants d’un parc éolien. Mais dans le cas où la communauté a opté pour le régime de la fiscalité professionnelle unique (FPU), l’essentiel des revenus fiscaux reviendra à l’intercommunalité, tandis qu’elles ne percevront que la taxe foncière correspondante. Aux communautés de communes les revenus, aux communes les nuisances…

De plus, l’avenir en ce domaine est des plus incertains pour les communes bénéficiant d’un régime favorable. Par le jeu des regroupements et des fusions, le nombre de communautés de communes à fiscalité additionnelle ne cesse de se réduire. Selon l’analyse menée par l’Assemblée des Communautés de France, il ne représente plus, cette année, que 8% de la population française, contre 25% en 2002 !

Les espoirs de financement complémentaire par l’éolien pour les communes vont d’ailleurs devoir être encore réduits, lorsque les éoliennes sont implantées dans un bois ou une forêt relevant du régime forestier, et donc soumis à des frais de garderie de l’ONF. En réponse à une question écrite du sénateur Alain Joyandet, le Ministère de l’Agriculture a récemment déclaré que les recettes tirées de la présence d’éoliennes dans ces forêts entraient elles-mêmes dans le calcul de ces frais de garde. Pour les communes concernées, cela correspond à une amputation de 12% des revenus perçus (10% pour les communes de montagne).

Lorsque la manne éolienne se réduit comme une peau de chagrin, est-il encore raisonnable d’exposer les citoyens à autant de nuisances avérées ? Tôt ou tard, les élus locaux devront faire face à leurs responsabilités.

Juste un souhait pour 2017…

Je souhaite une très belle année 2017 à tous ceux qui défendent nos cadres de vie. Je n’ai qu’un souhait: que tous ceux qui depuis quelques siècles – un soupir à l’échelle de l’histoire de l’humanité – s’échignent, par cupidité, ignorance, arrogance ou intolérance, à détruire tout ce qui nous entoure, ouvrent les yeux et comprennent à quel point notre environnement est beau et fragile.

C’est sans doute un rêve, bien sûr, mais comme le disait Oscar Wilde: « La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit ».

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Et bientôt le combat tourne à son avantage

C’est en effet un avantage certain qui nous a été donné par le conseil municipal dans notre combat contre le projet éolien de Saint-Ange-le-Vieil. Réuni mardi 12 avril, il s’est prononcé contre le projet dans sa grande majorité.

combat contre le projet éolien

Si, contrairement à la pièce de Racine dont la citation servant de titre à ce billet est tirée, la victoire est loin d’être assurée, nous pouvons cependant nous féliciter de cette décision à laquelle nous avons largement participé. L’implication des membres de l’association, l’effort de pédagogie et d’information mené auprès des habitants de Saint-Ange et des communes voisines ont portés leurs fruits, et le conseil municipal a suivi l’avis de ceux qui se sont exprimés.

Célébrons la victoire, mais n’oublions pas qu’elle n’est sans doute pas définitive. De plus en plus souvent, le préfet, seul réel décisionnaire, se prononce pour l’attribution d’un permis de construire, en dépit de l’avis négatif des conseils municipaux (des exemples récents ici ou encore ). Et même si le promoteur jette l’éponge à Saint-Ange, d’autres projets peuvent fleurir dans les communes environnantes.

Il nous appartient donc d’être plus vigilants encore, et d’accorder tout notre soutien aux équipes municipales dans un combat à présent commun. Ensemble, nous sommes plus forts. Nous venons de le montrer, et nous saurons au besoin le démontrer encore !

Impact de l’éolien sur l’immobilier, mythes et réalité

S’il est un sujet qui divise partisans et adversaires de l’éolien, c’est bien celui de l’incidence de la proximité d’un parc éolien sur le prix de l’immobilier. Comme vous l’aurez compris, nous sommes résolument contre l’implantation d’éoliennes dans notre bocage, et notamment contre le projet de Saint-Ange-le-Vieil. Beaucoup d’absurdités ont par contre été avancées, tant par les pro- que par les anti-éoliens, et il me semble important de jeter sur le sujet un œil objectif.

Eolien et immobilier - mythes et réalité

Image © Walt Disney Company

Un recours biaisé aux statistiques

Comme tout bon professionnel saura vous le confirmer, il n’existe pas UN marché immobilier, mais une multitude de micromarchés, selon la position géographique, l’environnement, l’état du bien, ou encore les services disponibles dans la commune considérée. Sur une longue période de temps, les prix fluctuent à la hausse ou à la baisse, les biens se déprécient ou s’apprécient en fonction des travaux réalisés et de la conjoncture. Comment, dès lors, ajouter foi à des études statistiques qui ne seraient pas menées à la fois sur une période de temps suffisamment longue et sur un nombre de transactions suffisamment important pour lisser toutes ces variables ? Ce sont pourtant des biais qui régissent la plupart des études mises en avant par les défenseurs de l’éolien. Vous pourrez en trouver quelques exemples ici (vous noterez d’ailleurs que cette étude, reprise dans de nombreux médias, a été réalisée par… un stagiaire), , ou encore.

Ces mêmes biais apparaissent dans les sondages et enquêtes d’opinion régulièrement mis en avant par les industriels de l’éolien. Ainsi, un des derniers sondages dont les promoteurs se font les choux gras, commandé auprès du CSA par France Énergie éolienne, a-t-il été réalisé auprès de «506 individus âgés de 18 ans et plus représentatifs de la population française habitant dans une commune située à moins de 1 000 mètres d’un parc éolien». Le problème est que cet échantillon, aussi honorable et quantifié soit-il, ne représente qu’une frange anecdotique de l’ensemble de la population française: aucun habitant d’Ile-de-France par exemple, des personnes vivant en majorité (56 %) dans le Nord ou le grand Ouest. Plus grave, si ces communes sont situées «à moins de 1 000 mètres d’un parc éolien», le sondage ne dit pas où sont situées les habitations des personnes interrogées elles-mêmes. 2 000 m, 3 000 m, plus encore, compte tenu de l’étendue des communes concernées ? Mystère. Dans tous les cas, il est extrêmement abusif de parler de personnes vivant «au pied d’une éolienne», comme le titrait pourtant BFM TV.

Une désinformation généralisée

Les défenseurs de l’éolien sont de grands manipulateurs d’information, mais ils ne sont pas les seuls, loin de là. Dans cette nébuleuse de statistiques faussées ou tordues, une étude de 2 014, menée par la London School of Economics à partir d’un million de transactions immobilières en Angleterre et au Pays de Galles, entre 2000 et 2012, fait exception, de par l’ampleur de l’échantillon retenu. Malheureusement, les résultats de cette étude ont été largement exploités de manière partisane, tant par les sites anti-éoliens que par certains sites dédiés à l’immobilier. Selon eux, la dévaluation serait de l’ordre de 11 % pour les habitations situées à moins de 2 km d’un parc éolien. Ce qu’ils oublient tout simplement de dire est que si l’étude a constaté un tel niveau de dévaluation, c’est au voisinage de parcs de plus de 10 éoliennes !

Dans un cas comme celui qui nous concerne directement, la dévaluation constatée «n’est que» de l’ordre de 5 %. Mais est-il vraiment nécessaire de jouer une telle inflation, au risque de complètement se décrédibiliser ? Non. Ce chiffre est loin d’être anodin. Pour une commune telle que la nôtre d’environ 110 foyers, d’une valeur moyenne de 200 000 euros, 5 % équivalent à une dévaluation de plus d’un million d’euros. Une perte sèche, et immédiate, de la valeur de notre patrimoine immobilier, que les revenus «espérés» (mais c’est là un autre sujet, que nous avons notamment abordé dans la présentation faite lors de la réunion d’information du 11 mars) par la commune seraient bien loin de compenser.

Les dégâts se font déjà sentir.

D’autres chiffres, de 10, 15, 20 voire 40 % de décote, circulent également. Mais là encore, il s’agit en grande partie de manipulation. Ces chiffres concernent des jugements rendus à travers la France à l’encontre de propriétaires, désireux de vendre leur bien, ayant omis de déclarer l’existence d’un projet éolien sur leur commune à leurs acheteurs. Le dernier exemple en date est celui de la vente d’un haras, pour laquelle le vendeur et son notaire viennent d’être condamnés par le Tribunal de grande instance d’Argentan.

Dans tous ces cas, le préjudice, tel que constaté par le tribunal, concerne bien moins la décote due à l’existence du projet éolien que son passage sous silence ; c’est ce délit que le juge a voulu sanctionner, et en fonction duquel des dommages et intérêts ont été calculés, sans qu’il y ait nécessairement de rapport direct entre les deux.

Reste qu’un projet éolien, à quelque étape qu’il soit, est ravageur pour l’immobilier. Si, en-dehors de la dévaluation constatée de 5 à 6 %, il y a une chose à retenir de l’étude citée plus haut, ce serait l’analyse qui y est faite d’une autre étude, fréquemment citée par les proéoliens (elle conclue en effet «qu’il n’y a pas de preuve statistique de l’influence des éoliennes sur la valeur des maisons avoisinantes»), et menée aux États-Unis en 2013 : il y a très peu de transactions au voisinage des éoliennes. En d’autres termes, nos maisons sont actuellement pour une large part invendables. C’est l’expérience qu’en fait déjà un habitant de Saint-Ange qui souhaitait vendre la sienne, et pour laquelle l’acheteur potentiel a annulé la promesse de vente en apprenant l’existence du projet éolien. Les premiers dégâts se font hélas déjà sentir. Nous attendons de pied ferme ceux qui oseraient le nier.

Compte-rendu de la réunion publique du 11 mars

A l’intention de tous ceux qui n’ont pu venir, voici un –rapide– compte-rendu de la réunion publique de vendredi soir à VIllemaréchal, organisée par la mairie de Saint-Ange-le-Vieil.

Je voudrais tout d’abord souligner que la réunion a été un franc succès pour Entre Vent et Bocage : plus de 200 participants, 6 associations du collectif Stop Eolien 77 représentées par leur président, une dizaine de maires (Saint-Ange-le-Vieil, Diant, Flagy, Thoury-Ferrottes, Villemaréchal, Chevry-en-Sereine, Voulx, Villebéon et Villemer), dont certains invités par nous-mêmes, et de nombreux conseillers municipaux présents, sans oublier le soutien par email de Jean-Marie Albouy-Guidicelli, premier adjoint au maire de Montereau.

Plus de 200 personnes présentes lors de la réunion publique

Plus de 200 personnes présentes lors de la réunion publique

Jean-Pïerre Gascuel, maire de Saint-Ange, avait invité Jacques Drouhin, maire de Flagy, président de l’association des maires ruraux de Seine-et-Marne et président du projet de Parc Naturel Régional, Isoline Millot, maire de Diant et vice-présidente du conseil départemental en charge de l’environnement et du cadre de vie, et un représentant du SDESM (Syndicat Départemental des Energies de Seine-et-Marne).

Il a ouvert la réunion par une allocution davantage orientée autour du besoin pour les communes de trouver des financements au-delà des dotations, dont le montant se réduit d’année en année, que sur le projet lui-même. On peut regretter que, n’étant pas invités à la table « officielle », il n’ait pas jugé bon à cet instant de nous présenter, dans la mesure où nous avons joué une part non négligeable dans le succès de la réunion (2 000 tracts distribués, plus de 1 100 vues de l’annonce faite sur notre page Facebook, tout cela grâce à la mobilisation hors pair de nos adhérents).

Mais qu’importe ! Face aux arguments que nous avons pu exposer (vous pouvez voir notre présentation ci-dessous ou la télécharger depuis SlideShare), il s’est trouvé très peu de monde pour défendre le projet dans ce qui devait être un débat. Si certains ont nié la nuisance du bruit des éoliennes ou l’existence des infrasons (sans doute selon l’adage « ce qui ne se mesure pas n’existe pas »), l’impact d’un projet éolien sur l’immobilier n’était hélas pas discutable : un habitant de Saint-Ange a ainsi déjà vu sa promesse de vente cassée pour le simple fait que ce projet existait.

De même, nos arguments sur l’absence de retombées fiscales pour la commune, et sur l’incompatibilité manifeste du projet avec notre PLU, ont ouvert les yeux à certains.

En contrepoint à l’argument définitif, entendu deux fois, de « vous êtes donc pro-nucléaires » (le point Godwin des débats sur l’éolien), Jacques Drouhin, dans ses interventions, a mis l’accent sur la nécessité pour les communes d’être solidaires, et de trouver des solutions « micro-locales » pour produire et consommer l’énergie de manière plus responsable. Ces solutions – photovoltaïque, biomasse, géothermie, … – existent, à nous de trouver et de mettre en œuvre les plus pertinentes pour notre cadre de vie.

Après cette réunion, et vue la forte opposition des habitants de Saint-Ange au projet (60 personnes environ se sont à ce jour manifestées auprès de la mairie en ce sens), il serait désormais très difficile pour le conseil municipal de se prononcer en faveur du projet éolien. Mais ce n’est là qu’une étape. Les premiers dégâts (la promesse de vente annulée) sont déjà visibles, et le simple fait pour le maire, quoi qu’il en pense, d’avoir ouvert la porte au promoteur a placé au-dessus de nos têtes une épée de Damoclès dont nous sommes loin d’être débarrassés.

Réunion publique sur le projet éolien

Une réunion publique d’information sur l’éolien, et sur le projet envisagé à Saint-Ange-le-Vieil, est organisée par la mairie le vendredi 11 mars prochain à 20h, à la Salle des Fêtes de Villemaréchal. Venez nombreux pour dire NON à ce projet absurde et dévastateur !

Notre maire a invité à cette réunion un représentant du SDESM (Syndicat Départemental des Energies de Seine-et-Marne), Isoline Millot, maire de Diant et vice-présidente du conseil départemental en charge de l’environnement et de cadre de vie, et Jacques Drouhin, maire de Flagg et président de l’association des maires ruraux de Seine-et-Marne). Nous n’avons pas à ce jour de certitude quant à la présence d’un représentant de Global Wind Power, le promoteur éolien, mais nous espérons que le maire renoncera à cette invitation; il n’y a place pour un défenseur d’intérêts privés et uniquement financiers dans ce qui est présenté comme un débat citoyen.

De nombreux maires des communes environnantes seront également présents, et nous avons l’intention de projeter durant la réunion une présentation exposant l’ensemble des nuisances auxquelles nous serions soumis, et démontrant le non-sens économique d’un tel projet, présentation que vous retrouverez bien sûr ensuite sur notre site.

Venez nombreux nous soutenir et défendre votre qualité de vie ! Vous trouverez ci-dessous l’annonce faite par la mairie, et le tract que nous sommes en train de distribuer en retour (tract que vous pouvez télécharger et diffuser autour de vous).

 

Annonce de la réunion publique diffusée par la mairie.

Annonce de la réunion publique diffusée par la mairie.

Tract d'annonce de la réunion publique diffusé par nos soins.

Tract d’annonce de la réunion publique diffusé par nos soins.

Infrasons: ce bruit passé sous silence

Tous les jours, de nouvelles preuves s’accumulent pour attester les impacts sur la santé provoqués par les infrasons que génèrent les éoliennes industrielles. Pourtant, constructeurs et promoteurs s’acharnent à réfuter les faits, et à nous faire croire que les symptômes affectant des riverains de plus en plus nombreux sont, au pire imaginaires, au mieux d’ordre psychologique.

Danger: infrasons et éoliennes

Image © Laurent Hammels -fotolia.com

Ce déni, et les études qui l’accompagnent, émanant bien souvent de scientifiques dont les intérêts sont liés à ceux des industriels de l’éolien, révèlent des pratiques similaires à celles de lobbies comme celui du tabac, de l’industrie chimique ou médicamenteuse. Certains pays semblent pourtant comprendre mieux que d’autres l’urgence de prendre le danger sanitaire au sérieux, et non des moindres: le Danemark, champion de l’éolien s’il en est, a depuis 2014 suspendu la majorité des nouvelles implantations d’éoliennes sur son sol, en attente des résultats d’une étude sanitaire à gande échelle (article en allemand). De même, en mai dernier, l’assemblée des médecins allemands, réunie en congrès, a recommandé l’arrêt du développement éolien en Allemagne, attestant les riques liés aux infrasons, et soulignant la carence des études et des critères de dangerosité retenus par les promoteurs et les constructeurs.

Des mécanismes mal connus aux effets néfastes prouvés

Les infrasons sont principalement générés par le passage des pales d’une éolienne devant son mât, et par les turbulences que ce passage crée dans l’air aux alentours. Si ce mécanisme est connu, il est par contre extrêment difficile de former un modèle théorique permettant d’en prévoir la fréquence, l’intensité et la propagation. Ces facteurs, et notamment la distance à laquelle les ultrasons pourront être perçus, distance bien plus importante que pour la gamme des sons audibles, dépendent en effet de la vitesse et de la direction du vent, des conditions météorologiques générales, mais également de la taille de l’éolienne.

Quant à leurs effets sur la santé humaine, si l’on refuse de prendre en compte les témoignages, de plus en plus nombreux, des riverains de parcs éoliens, il est impossible de faire l’impasse sur l’abondance des publications scientifiques qui les attestent et les prouvent. Dès 2012, le très sérieux British Medical Journal, l’une des revues médicales les plus respectées au monde, publiait un article intitulé « Editorial: Wind turbine noise », qui concluait à la preuve d’un lien étroit entre le bruit des éoliennes, une dégradation de la santé et une mauvaise qualité de sommeil.

Ce lien entre les infrasons et des phénomènes proches de celui du mal des transports (nausées, sensations migraineuses ou de vertige), lien qui a d’ailleurs été reconnu dans une étude effectuée par un constructeur (Pacific Hydro) au bénéfice de la filière elle-même, a été théorisé par un cabinet d’acoustique américan, expliquant ces malaises par les différences de pression générées par les infrasons au niveau de l’oreille interne.

Il serait fastidueux d’énumérer les articles scientifiques —articles dont la communauté scientifique elle-même valide l’intégrité et l’absence de conflit d’intérêt— qui attestent de ces nuisances, tant ils sont aujourd’hui nombreux. Vous en trouverez un grand nombre en anglais sur cette page ou en français sur celle-ci ou encore celle-là.

Un déni insolent

Pourtant, face à l’évidence, les acteurs de la filière éolienne et le monde politique continuent de nier les effets des infrasons sur la santé, prétextant que l’ensemble de ces symptômes serait d’ordre psychosomatique (ce que l’on appelle le « syndrome éolien »), et prendraient leur origine dans la vision d’éoliennes à proximité de chez soi, ou dans un climat de peur entretenu par les opposants à l’éolien!

Définir comme psychosomatique l’origine de troubles qu’on ne connait pas est une pratique assez commune. Ainsi, jusqu’à ce que Warren et Marshall découvrent que l’ulcère de l’estomac était provoqué par une bactérie (découverte qui leur valut le prix Nobel de médecine en 2005), il était communément admis que le stress en était l’une des principales causes. L’ignorance scientifique est excusable, mais le déni ne l’est pas.

Les hommes, mais aussi les animaux

L’argument « psychosomatique » ne tient d’ailleurs pas la route une seconde lorsque les effets néfastes des infrasons des éoliennes est attesté sur les animaux. Une étude polonaise, parue en 2013, a ainsi démontré leur influence sur le comportement et la formule sanguine d’oies à proximité de turbines. Une autre étude vétérinaire, portugaise celle-ci, atteste d’un lien direct entre la présence proche d’éoliennes et le développement de déformation congénitales chez les poulains. Un moratoire, commandé par le comté de Lincoln (Wisconsin), témoigne des dysfonctionnements biologiques provoqués chez les animaux par les infrasons: avortements spontanés et baisse de la production d’œufs pour la volaille, déformations du crâne et des articulations chez les poussins, veaux nés sans queue ou sans yeux,… la liste est longue.

La vérité scientifique est jour après jour sciemment détournée au profit de quelques-uns, tout en mettant en cause la santé de milliers de personnes et d’animaux. Faudra-t-il attendre que l’éolien ait son scandale du Médiator, pour que nos élus, qu’ils soient locaux ou au gouvernement, fassent enfin valoir, comme au Danemark, le seul et unique principe applicable en termes de santé publique dans une telle situation: le principe de précaution ? J’ose espérer que la sagesse l’emportera à Saint-Ange…

Tract d’information

L’information est tout autour de nous. Encore faut-il avoir l’idée (ou savoir) de la chercher. Comment, en effet, imaginer les dimensions écrasantes d’une éolienne ou l’ensemble des nuisances qu’elles occasionnent, lorsqu’on n’en a vu qu’au loin, de manière plus ou moins fugitive, isolé au volant de sa voiture ? Comment apprécier réellement la distance à laquelle elles seraient de nos maisons, dans un paysage de bois, de champs et de buttes ? Comment comprendre les effets brutaux de l’irruption d’une logique industrielle de grande ampleur au sein d’un environnement agricole harmonieux ?

Notre maire s’étant placé dans une attitude de concertation, nous avons rédigé un tract sur les impacts que la création d’un parc éolien à Saint-Ange-le-Vieil auraient sur notre environnement, notre cadre de vie et notre santé, et le distribuons à l’ensemble des habitants de la commune et des communes environnantes, qui subiraient les mêmes nuisances que nous sans même avoir leur mot à dire.

Vous trouverez ce tract ci-dessous. N’hésitez pas à télécharger le fichier original en cliquant dessus, à l’imprimer et à le diffuser autour de vous. L’information ne sera jamais assez partout.

Tract d'information non à l'éolien - page 1

Recto du tract d’information sur l’éolien à Saint-Ange-le-Vieil

Tract d'information non à l'éolien - page 2

Verso du tract d’information sur l’éolien à Saint-Ange-le-Vieil

Photomontages… édifiants

Quelques photos valant mieux qu’un long discours, voici quelques photomontages montrant ce qu’il adviendrait de nos paysages si jamais un projet de parc éolien voyait le jour sur notre commune.

paysage gatinais detruit

Photo prise face au 18, rue de la Chapelle, 77710 Saint-Ange-le-Vieil. Distance de la première éolienne: 1920m.

paysage et massacre

Photo prise dans le jardin du 20 bis, route de Villemaréchal, 77710 Saint-Ange-le-Vieil. Distance de la première éolienne: 1875m.

cauchemar eolien

Photo prise face au 3, route de Voulx, 77710 Saint-Ange-le-Vieil. Distance de la première éolienne: 1350m.

Les photos originales ont été prise avec un Nikon D40 équipé d’un objectif 55mm; l’éolienne a été photographiée sur le site de Mondreville. La longueur de son mât étant de 80m, nous l’avons rallongé de 20% de manière à ce qu’il fasse 100m, comme l’envisage le tract de la mairie.

Pour réaliser ces montages, nous avons commencé par calculer l’angle de champ de l’objectif tel qu’expliqué sur cette page. Le capteur du Nikon ne faisant pas 24×36, nous avons calculé l’angle en fonction du format réel de ce capteur, qui est de 15,6mm, pour obtenir un angle de champ vertical de 16°.

Nous avons ensuite reporté l’emplacement pressenti pour les éoliennes (tel que présenté sur le plan en bas de cet article) sur Géoportail et en tant que POI dans l’application de navigation GPS Navigon, puis mesuré les distances entre celles-ci et l’emplacement de la prise de vue tel qu’enregistré dans les données EXIF des photos.

Le reste est une application pure et simple du théorème de Pythagore. Une fois l’angle et la distance horizontale aux éoliennes connus, il était facile de calculer la hauteur totale du cadre à cette distance, puis le pourcentage de cette hauteur que représente la dimension des éoliennes. Sachant que les photos ont une taille initiale de 2 000 pixels, la taille apparente des éoliennes a été calculée en appliquant ce pourcentage, leur position estimée à partir de la cartographie GPS, et le résultat incorporé au photomontage en tenant compte de la dénivellation du terrain.

A titre d’exemple, à une distance de 2 000m, le cadre représente une hauteur de 562m. Un mât de 100m couvre donc un peu moins de 18% de cette hauteur, soit une image de 356 pixels de haut pour une photo de 2 000 pixels.

Ce que ces montages ne peuvent réellement rendre, est la sensation d’écrasement provoquée par la présence de tels monstres au milieu du paysage. Pour s’en rendre compte, il suffit de s’approcher d’un village défiguré par de tels projets, et ils sont malheureusement de plus en plus nombreux…

carte du projet éolien

Carte du projet d’implantation des éoliennes. La zone d’étude a été déterminée par le promoteurs, le maire déclare avoir placé lui-même les étoiles montrant les possibles implantations.

Le bruit assourdissant des éoliennes

Oui, les éoliennes font du bruit. Non seulement parce qu’elles commencent à provoquer un débat animé dans la commune, mais parce que les aérogénérateurs (c’est leur nom technique) sont des installations industrielles qui sont tout sauf silencieuses.

Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous (aimablement réalisée par l’ADERE d’Egreville), lorsque le vent souffle de manière modérée, les éoliennes que Global Wind Power projette d’installer à Saint-Ange émettraient un bruit de 35 dB à 1 500 m du site.

Carte du bruit

35 dB… C’est peu de chose me direz-vous. Mais ce serait oublier que le niveau d’un son se calcule de manière particulière. 35 dB est le niveau sonore maximal admissible, selon le Code de l’Environnement, pour un environnement « tranquille », tel que l’on peut aujourd’hui l’avoir dans nos campagnes, entre le bruit des arbres et des oiseaux.

Avant mars 2012, ce niveau était de 30 dB, mais le Ministère de l’Environnement a à cette époque décidé de le porter à 35 dB. C’est en fonction notamment de cette limite que l’Académie de Médecine a recommandé de ne pas implanter d’éoliennes en-deçà de 1 500m des habitations.

Pire encore, les éoliennes disposent d’un dérogation un peu spéciale, la loi les autorisant à émettre ces 35 dB à elles seules, et non, comme il se devrait, en tenant compte de la totalité du niveau sonore ambiant. Aux valeurs de la carte, il faudrait donc ajouter les 35 dB émis par l’environnement. Mais en termes de bruit, 35+35 ne font pas 70 (fort heureusement ! ce niveau correspond au bruit d’un aspirateur que l’on passerait à 1m de vous !!), mais… 38, comme le montre ce tableau réalisé par le département de Seine-et-Marne. Ce que ne montre pourtant pas le site, c’est qu’une augmentation du niveau sonore de 3 dB correspond à un doublement de la source sonore. La « petite » dérogation autorisée par la loi s’avère en fait extrêmement nuisible pour des personnes vivant à plusieurs kilomètres d’un parc éolien, notamment en tenant compte du vent qui peut porter (et donc amplifier pour les personnes concernées) le bruit à plusieurs kilomètres de distance !

Et ce n’est pas tout. Comme l’explique cet article, tous les bruits ne sont pas égaux, leur perception dépend en grande partie de la fréquence des sons émis. Ceux des éoliennes se situent principalement dans les basses fréquences (autour de 63 Hz), fréquences dont l’atténuation avec la distance est deux fois moins importante que pour les fréquences dites « normales », celles qui correspondent aux bruits quotidiens. La gène qui serait occasionnée par le bruit des éoliennes s’étendrait ainsi à 5, voire 10 kms de distance !!

Ce constat, désastreux pour notre cadre de vie campagnard, est d’ailleurs loin d’être complet. Nous ne parlons pas dans cet article des infra-sons générés par les éoliennes, et dont les impacts néfastes sur la santé des animaux comme sur celle des hommes font chaque jour l’objet de nombreux témoignages.

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